Malawi: l’histoire d’Eureka - devenir une mécanicienne d’automobile
(Giulio D'Ercole/JRS)

Malawi: l’histoire d’Eureka - devenir une mécanicienne d’automobile

Dzaleka, 11 mai 2016 – Mon nom est Eureka et je viens de la capitale de la République Démocratique du Congo, Kinshasa. Mon enfance a été vraiment belle. Je me rappelle avoir été entourée par l’amour de ma famille. J’avais aussi beaucoup d’amis. Le souvenir le plus beau de ma vie comme enfant en RDC a été quand j’allais avec mon père voir les match de football. Nous étions de grands fans  de l’équipe du  Kinshasa. C’étaient des journées de grand bonheur, Il y avait à manger et des acclamations. Surtout quand l’équipe gagnait. J’adore encore le foot.

Je suis allée à l’école secondaire et  j’ai obtenu un diplôme en comptabilité. La vie était belle. J’ai rencontré un brave jeune-homme et nous nous sommes mariés. Notre garçon est né en 2011. Je lui ai donné le nom de mon footballeur préféré, Messi, le grand champion argentin.

La paix a soudai été brisée un jour. Mon mari était un activiste politique. Tandis que j’étais dans la cuisine en train de préparer le diner un soir, j’ai entendu des fusillades. Quand mon mari n’est pas rentré à la maison, j’ai commencé à craindre que quelque chose de terrible lui soit arrivé. En effet, je ne l’ai plus vu m après cela. Les gens m’ont dit qu’il avait été capturé et qu’on lui avait tiré, mais  je ne suis pas certaine qu’il est mort. Je n’ai jamais vu son corps.

Après la disparition de mon mari, j’ai compris que la RDC n’était plus un  lieu  sûr pour moi et mon fils et j’ai décidé de partir. Fuir n’a pas été facile, non rapide. Sans argent, nous avons dû voyager de n’importe quel moye possible. Nous avons marché, pris des passages de différentes personnes, avons voyagé par camions. Nous avons mangé et dormi n’importe où et ce qu’on nous offrait. Mais il n’y avait pas que de bons Samaritains,  il y avait aussi de mauvais hommes. J’ai été violée. J’ai été brulée par mes abus qui m’ont jeté sur moi du café brulant.

Je me suis sentie complètement sans secours quand nous sommes finalement arrivés dans le camp de Dzaleka. Après un si terrible voyage, je suis arrivée dans un pays où on ne parlait que l’anglais, langue que je ne connaissais  pas. Etre sans aide et vulnérable  sont deux sensations qui me dépassent quelquefois quand je considère ma situation aujourd’hui comparée à ce que j’avais, - le bonheur que je ressentais dans mon propre pays ; je suis une pauvre  veuve avec un jeune enfant à charge, sans  travail  ni vraie  perspective pour l’avenir. Quelquefois, je sens que la meilleure partie de ma vie s’en est allée, et ne reviendra pas.

Mon fils est ce qui me tient en vie. Je veux une meilleure vie pour lui, une bonne éducation et un avenir comme joueur de football. Quelquefois nous discutons parce qu’il m’a déjà dit qu’il veut devenir un docteur quand  il sera grand. Messi est mon seul amour maintenant. Il est mon grand réconfort, ma joie et mon soutien émotionnel.

Récemment, je dois dire que j’ai trouvé de l’espoir et je me sens mieux depuis que j’ai commencé la formation JRS comme mécanicienne électrique d’automobile. C’est bon d’avoir un endroit où aller, quelque part où je peux apprendre avec d’autres personnes. Je dois admettre que, aussi étrange que cela puisse paraître, venant d’une femme – j’aime  travailler avec des machines et une voiture .C’est réel, c’est pratique. Je le préfère à l’école de comptabilité.

Cela me donne de l’espoir d’avoir un bon travail dans l’avenir. La formation me donne une nouvelle énergie et un endroit où je peux socialiser et oublier un peu mon passé et ma situation de réfugiée.

Eureka, camp pour réfugiés de Dzaleka, Malawi.

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