Afrique Australe: plaider pour l’éducation
(Giulio D'Ercole/JRS)

Afrique Australe: plaider pour l’éducation

Johannesburg, 23 Juin 2016 – Conflit, guerre et persécution emportent les gens de leurs foyers, trop souvent  avec seulement les vêtements qu’ils portent et quelques autres possessions qu’ils ont pu saisir avant de fuir. Etant donnés ces défis, le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) Afrique Australe assure l’éducation,  considérant que l’éducation est essentielle pour que les déplacés puissent reconstruire leur vie, et a constaté le fait  que l’éducation libère irréfutablement le potentiel des personnes.

Les réfugiés et les demandeurs d’asile dans le monde laissent derrière eux leur maison, leur  famille et leur pays, sans que rien ne  soit de leur choix. Ils sont ensuite obligés de commencer une nouvelle vie, tenter de poursuivre un cours d’études interrompu, gagner un revenu pour se nourrir eux- mêmes et leurs familles et plus que fréquemment commencer à reconstruire la vie qu’ils avaient dû abandonner soudain.

Le processus de reconstruction est difficile. Des obstacles sont dans le chemin pour recoudre lentement  leurs vies,  les réfugiés et demandeurs d’asile doivent  trop souvent affronter des barrières bureaucratiques et institutionnelles ainsi qu’ une communauté xénophobe, ce  qui accroit leurs luttes socio-économiques.

L’éducation a permis aux réfugiés et aux demandeurs d’asile de regarder au-delà de leur statut  de personnes déplacées et  de réaliser leur potentiel pour obtenir un emploi, démarrer des entreprises innovatrices et avoir un impact positif sur leurs communautés.

Le JRS Afrique Australe travaille à la fois dans les camps et les situations urbaines. Dans les zones urbaines telles que Luanda  en Angola, ainsi que Pretoria et Johannesburg en Afrique du Sud, le JRS plaide pour l’accès  à l’éducation pour les réfugiés. Dans le  camp de Tongogara au Zimbabwe et dans le  camp Dzaleka au Malawi, l’éducation a été utilisée par les réfugiés non seulement pour sauver leur vie mais aussi pour  sauver les vies  du reste de leur communauté.

En Afrique du Sud, les réfugiés doivent trop souvent affronter des obstacles placés par des autorités dans des écoles et par d’autres personnes en position de pouvoir. L’ignorance et des attitudes négatives à l’égard de tous les réfugiés et migrants font que l’accès à l’école est refusé aux enfants.

Roza Abdirahman Hassen , une demandeuse d’asile  d’Ethiopie en témoigne en personne. Roza avait fait une demande pour qu’un de ses enfants soit inscrit dans l’école primaire publique de Kensington, un faubourg de Johannesburg. Un des administrateurs de l’école a déclaré que l’administrateur provincial des écoles  (Département de l’éducation Gauteng) avait menacé de lui donner une amende de 5000 R (337 dollars US) s’il enregistrait des enfants de demandeurs d’asile, et donc l’enfant de Roza a été refusé.

Cela est toutefois une violation de la loi nationale. Selon la loi de l’Afrique du Sud, les enfants de réfugiés et de demandeurs d’asile ont légalement le droit d’accéder à l’éducation dans les écoles publiques ;  le JRS est donc  intervenu. Au cours d’une conversation, courtoise  mais franche, le JRS a informé l’école du droit de l’enfant à accéder à l’éducation et a informé  Roza de sa responsabilité d’assurer que  les papiers de l’enfant soient toujours à jour, avec un permis de demandeur d’asile régulièrement mis à jour afin de ne pas avoir d’interruption de la scolarité. A l’heure actuelle l’enfant de Roza  est bon élève à l’école à Kensington.

La situation est plus difficile en Angola, ainsi que l’indique un rapport  du Rapporteur Spécial pour les Migrants de l’ONU,  qui a fait une récente visite de 10 jours dans le pays. Le rapporteur spécial a trouvé une « Circular de Esercuçào Permanente, » un ordre de mai 2011 qui a suspendu l’enregistrement des naissances d’enfants nés de parents étrangers en Angola. Cet ordre n’a jamais été abrogé. Le rapporteur spécial explique quel en est l’impact : «  L’enregistrement de la naissance est fondamental pour la protection d’enfants migrants et empêche l’apatridie. Echouer à documenter l’existence légale  d’une personne empêchai cette personne de bénéficier d’une série de droits humains, notamment l’accès à l’éducation et aux soins médicaux. » Pour cela, le JRS Angola a envoyé une pétition au  gouvernement en plaidant pour que cette circulaire soit abrogée.  

Dans les quelques cas où les enfants de migrants qui traversent  la frontière – dont des enfants de réfugiés  et de demandeurs d’asile  –  ont leur naissance enregistrée, le certificat de naissance indique que les parents sont des étrangers et cela est fréquemment utilisé , notamment  par les employeurs ou les fonctionnaires, pour discriminer les migrants.

Notre œuvre dans le domaine de l’éducation dans les camps de Malawi et de Zimbabwe est plus formelle. Le JRS a pris un rôle central dans la construction et l’administration d’écoles qui servent à la fois les réfugiés et les communautés locales. Servant 550 étudiants, l’école secondaire Saint Michael a assuré que les enfants qui vivent au camp pour réfugiés de Tongogara,( Zimbabwe),et  les enfants des communautés voisines ne doivent pas faire de fatigantes distances pour aller à l’école. Des améliorations récentes comprennent une bibliothèque, un laboratoire de sciences, une salle des professeurs et trois salles de classe en plus pour les écoliers de première à quatrième années. 

 Avec approximativement 24.000 réfugiés dans le camp pour réfugiés de Dzaleka au Malawi – plus de deux fois la population de Tongogara – le programme éducatif du JRS au Malawi est encore plus ample. JRS a la responsabilité  de tous les programmes éducatifs, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, outre la formation professionnelle et  du savoir-faire. Avec près de 6.300 enfants dans les écoles – 5.100 à l’école primaire, 800 à l’école secondaire et 364 à l’école préscolaire – le JRS a aussi eu la responsabilité de la construction de toutes les écoles et de leur expansion successive ainsi que d’embaucher les enseignants, provenant de la communauté de Malawi et de réfugiés bénévoles .

En cette Journée Mondiale des Réfugiés, le 20 Juin 2016, le JRS appelle toutes les communautés de réfugiés et d’accueil de s’investir dans l’éducation comme important moyen pour « ouvrir les esprits et libérer le potentiel ;» le JRS en Afrique Australe a été en première ligne pour apporter de  l’espoir et des possibilités aux réfugiés grâce à l’éducation.

Gushwell BrooksResponsable de l’advocacy et des communication pour le JRS Afrique australe.

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